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Fête de la Musique 2010 : Retrouvez BUIKA à PARIS - Jardins du Palais Royal - à 20h (retransmis en direct sur FIP)
Nouvel album “Ultimo Trago” (Casa Limon/Warner)
“De la copla afro-cubaine arrosée de Tequila”
(Mauricio Vicent/ El País )
Doté d’un immense talent, de mains hors du commun, de doigts plus longs que la majorité des pianistes et avec à son actif des concerts dans les salles les plus prestigieuses (comme le Carnegie Hall, le Lincoln Center et le Kennedy Center aux Etats-Unis, le Ronnie Scott à Londres ou les théâtres Carlos Marx et Amadeo Roldan de La Havane) ainsi que 14 nominations et 5 récompenses aux Grammy Awards… Chucho Valdés est une véritable légende du jazz et de la musique.
Buika est quant à elle l’une des artistes espagnoles actuelles les plus atypiques. Née à Majorque, fille de parents d’origines guinéo-équatoriales, elle est devenue une véritable révélation pour tous ceux qui pensaient que le flamenco n’avait plus grand-chose à apporter à la musique espagnole et au jazz. Forte d’un un savoir faire exceptionnel, elle a affirmé ses irréfutables racines africaines et son caractère cosmopolite dans les clubs de New York et Las Vegas.
En 2005, Buika sort son premier album éponyme. Un an plus tard, elle enchaîne avec Mi niña Lola qui sera récompensé dans les catégories ‘Meilleur Album’ et ‘Meilleure Production’ à l’équivalent espagnol des Victoires de la Musique. Avec son troisième opus, Niña de fuego, produit, arrangé et réalisé par Javier Limón, Buika s’impose sur la scène fusion internationale et est nommée dans les catégories ‘Meilleur Album’ et ‘Meilleure Production’ lors de la dernière édition des Latin Grammy Awards.
Si Chucho et Buika, qui ont tous les deux acquis une réputation d’excellence en empruntant des parcours différents, sont aussi tous deux marqués par les origines africaines de leurs ancêtres et partagent une même passion et spontanéité ainsi qu’un rare perfectionnisme. Ils se sont rencontrés en avril dernier au studio Abdala à Cuba où, de nouveau grâce à Javier Limón, ils ont enregistré un nouvel album qui sortira le 20 octobre prochain.
Intitulé “El Ultimo Trago”, cet album rend hommage à Chavela Vargas, en l’année de son 90ème anniversaire, en reprenant des titres phares de son répertoire comme “Las ciudades”, “Las simples cosas”, “Sombras” et “Luz de Luna”, qui comptent parmi les chansons que Chavela a interprété au Carnegie Hall de New York, au Luna Park de Buenos Aires, à l’Olympia à Paris ou dans les films de Pedro Almodóvar et Alejandro Gonzalez Iñarritu.
Après avoir interprété cet album pour la première fois sur scène au château de Perelada de Gérone le 1er août dernier et au Patio de Armas de La Granja le 5 août, Buika enchaînera sur une tournée fin octobre qui passera par l’Espagne et la France, avant de se poursuivre au Mexique, en Argentine et au Chili en décembre.
Sur cette tournée Chucho et Buika seront accompagnés des mêmes musiciens que ceux qui ont participé à l’enregistrement de l’album : Lazaro Rivero à la contrebasse, Yaroldi Abreu aux congas et percussions mineures et Juan Carlos Rojas à la batterie.
CE QU’EN DIT LA PRESSE
“Dans ce projet, tout est de bon augure. Tous les éléments sont réunis. Du fait de ses origines guinéennes, majorquines et gitanes et grâce à sa voix, Buika est le parfait mélange ; quant à Chucho, il est tout simplement le roi du piano afro-cubain.
L’histoire d’El último trago a commencé par une rencontre décevante. C’était il y a 4 ans, à Madrid, lorsque Chavela a refusé que Concha Buika se joigne à elle sur scène pour chanter. Plus tard, elles sont devenues amies, à tel point que la célèbre chanteuse mexicaine l’avait baptisée “sa sœur noire”. Il y eut aussi une autre rencontre, double cette fois : d’abord entre Chucho et Buika, brièvement l’an dernier à l’occasion du Vitoria Festival ; puis dans les coulisses entre Javier Limón et Chucho et Bebo Valdés, qui étaient venus présenter leur album ensemble. Limón et Chucho ont alors envisagé de faire un album avec Buika.
Deux jours de studio suffiront pour transformer El andariego, la fameuse chanson de Alejandro Fernández (Yo que fui de amor ave de paso / yo que fui mariposa de mil flores …) en rumba ou en yambú ; Somos (Somos un sueño imposible / que busca la noche / para olvidarse en sus sombras …) en un bolero-cha cha tandis que Sombras (Cuando tú te hayas ido / me envolverán las sombras, / cuando tú te hayas ido / con mi dolor a solas…) démarre sur un tempo de bolero avant de finir sur des consonances blues- jazz.
Du pur génie. Parmi les 13 chansons, 4 sont des duos entre Chucho et Buika. Mardi au Amadeo Roldán de La Havane s’est tenu le premier concert qui a remporté un énorme succès. En Espagne, ils renoueront avec ce succès au Perelada Festival, tandis que le public ne manquera pas d’accueillir dignement l’album qui sortira en septembre sur Casa Limón.”
Mauricio Vicent – El Pais
“Concha Buika est une dure à cuire. Elle a le diable en elle. Avec l’aide de son gourou et producteur, Javier Limón, installé à Madrid, cette chanteuse noire de Majorque n’a pas hésité à se plonger dans tout un pan de la chanson populaire de langue espagnole, extrêmement riche en références nostalgiques. On ne peut pas oublier naturellement la présence de Chucho Valdés qui, avec son quatuor et son énorme savoir faire, apporte cette inimitable sobriété qui le caractérise.”
Pedro de la Hoz – Gramma
“La rencontre entre Chucho Valdés et Buika est très liée à leurs racines africaines et espagnoles communes.”
Cubaencuentro.com
CONCHA BUIKA par Pedro Almodóvar
Dès que je l’ai entendue, j’ai été touché par l’intensité et l’émotion que dégage Buika, suscitant en moi des sensations similaires à celles que provoque Chavela Vargas.
Chavela Vargas et Concha Buika appartiennent à une lignée de chanteuses qui s’est désormais éteinte. Buika est ce que l’on appelle une “grande” chanteuse, capable de s’attaquer à n’importe quel style tout en restant unique et bouleversante. En tant qu’inconditionnel de Chavela, je serai toujours reconnaissant à Buika d’avoir intégré dans son répertoire certaines des chansons incontournables de la plus grande interprète de la musique de José Alfredo Jimenez.
Avec sa voix et sa rage de vivre, Chavela n’a cessé de rendre hommage au déchaînement de la passion, au chagrin, à la solitude et aux êtres chers disparus, tout en se noyant dans l’alcool. Ses performances se transformaient en d’intenses cérémonies religieuses, dans lesquelles Dieu était remplacé par les êtres aimés. Buika est devenue naturellement la nouvelle prêtresse de cette mystique. Les interprétations que cette chanteuse afro-majorquine délivre dans “El Último Trago” (“Le Dernier Verre”, qui est en fait le dernier souffle) constituent le plus bel hommage qui soit à Chavela.
Si Buika chante peut-être comme Chavela, elle ne lui ressemble guère. Elle se fait un point d’honneur de ne pas imiter le phrasé très particulier de l’interprète mexicaine, presque comme si elle l’évitait délibérément. En fait, Buika n’a pas besoin de l’imiter car les deux femmes partagent le même état d’esprit et leur chant vient du même endroit, du plus profond d’elles-mêmes.
A l’instar de Chavela, Concha est capable de mettre son public au pied du mur. Ses chansons nous obligent à faire face à notre propre histoire amoureuse, là où nos échecs sont les plus cuisants. Et l’on sait parfaitement après l’avoir écoutée que l’on va répéter les mêmes erreurs parce que la passion ne connaît pas de règles, ni le bon sens, ni même la prudence ou le regret. Dans “El Último Trago”, Buika célèbre la passion sous toutes ses formes, des plus éclatantes au plus sombres. Et elle le fait d’une manière époustouflante et originale.
Parallèlement à Chavela, Concha Buika tient cependant aussi de plein d’autres artistes et introduit d’autres sources d’inspiration dans son répertoire authentiquement ‘chavelien’. Sa voix nous rappelle la frénésie de La Lupe avec parfois une pointe d’Olga Guillot. Elle a aussi cette même façon de taper dans ses mains et de se tenir bien droite devant son micro qu’avait la grande Lola Flores.
Grâce à l’aide incommensurable de son brillantissime compagnon sur scène, Chucho Valdés, et son groupe, l’hommage sans faute et bouleversant de Buika révèle une Chavela afro-cubaine jazzy. Buika et Chucho sont liés par l’Afrique et Cuba vibre sur toutes les touches du piano de Chucho, qui est tout aussi éclectique que Buika.
Vu l’aisance avec laquelle Buika puise dans des styles aussi différents que la copla, le tango, la bulería, le bolero, la musique cubaine et le jazz, en les mêlant avec un talent et une fraîcheur rare, cette jeune femme a devant elle une carrière très prometteuse.
Pedro Almodóvar
(Tournée en cours d’élaboration, mise à jour hebdomadaire)
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